« Si tu veux réussir dans la vie, tu dois travailler ».

C’est une phrase que me répétait mon père quand j’étais enfant.

Je ne regrette pas qu’il m’ait donné cette notion importante que représente le travail.

Je regrette en revanche qu’il ait consacré toute sa vie au travail et qu’il n’ait pas pris le temps de profiter de sa propre vie.

Note : vous pouvez visionner la vidéo ou lire l’article qui est situé au dessous.

Le concept de réussite

Mon père est issu d’une génération d’immigrés Italiens venus après la seconde guerre mondiale pour reconstruire la France. Une belle génération de maçons !

Pour ces immigrés, réussir sa vie, c’était la fierté d’avoir un travail et d’entretenir leur famille convenablement.

C’est peut-être encore le cas pour les nouvelles générations d’immigrés.

Dans des familles plus aisées, la réussite pourrait être représentée par le patrimoine et la famille. Vous avez une belle voiture, une belle maison, des oeuvres d’arts, des enfants qui font de grandes écoles, vous avez réussi.

Et ce système perdure jusqu’à ce qu’un enfant proclame « je veux être guitariste ! ».

Le père immigré va lui rétorquer que guitariste, ce n’est pas un métier.

Le père aisé va également lui rétorquer que guitariste, ce n’est pas un métier. Mais s’il a son bac, il aura le droit à une guitare Gibson!

Le concept de réussite est lié au travail et à l’argent.

Il n’y a pas de notion de bonheur dans ce concept de réussite, il n’y a que la notion culturelle, matérielle et sociale.

Nous avons hérité de ce concept de réussite.

Une vie que l’on n’a pas choisie

De nombreuses personnes ne se sont jamais demandé si elles ont réussi leur vie ou si elles sont heureuses.

Elles ont subi un système qui part de l’école et qui les ont amené dans un travail qu’elles aiment peu ou pas.

Soit ce sont leurs parents qui ont choisi leur métier, soit ce sont leurs professeurs :

– toi, tu es bonne en langues, tu vas faire littéraire. Toi, tu es bon en math, tu vas faire scientifique.

– Monsieur… vous ne me demandez pas ce que je veux faire ?

– mais si… dis-moi ce que tu veux faire

– je veux faire guitariste

– mais tu sais bien que guitariste, ce n’est pas un métier. Tu feras scientifique car tu es bon en maths ! 🙂

Bref, on se retrouve à devenir informaticien (comme le quart de la population) parce qu’on était bon en maths.

On a presque réussi nos vies

Nos parents nous ont dit de bosser, alors on a étudié (c’est à dire appris par coeur sans réfléchir ce qu’on nous demandait) puis on a cherché un boulot.

Ils nous ont également dit qu’il fallait se marier et avoir des enfants, alors on s’est mis en couple, on s’est mariés et on a eu des enfants.

On a enfin réussi notre vie… ou presque.

On voit des potes qui perdent leur boulot et qui peinent à en retrouver.

On voit des potes qui divorcent alors qu’ils s’étaient jurés de s’aimer jusqu’à la fin de leur vie.

On nous traite comme des pions au boulot. On nous dit que l’on doit se sentir chanceux d’avoir un boulot car cela pourrait être pire : « Regarde à l’étranger, dans les pays pauvres, ils n’ont quasiment rien et ils ne se plaignent pas comme toi. Tiens, d’ailleurs j’ai oublié de t’en parler mais ton poste est externalisé en Inde ! ».

Notre concept de réussite est obsolète.

Certains s’en sont rendu compte et ils reviennent vers une vie plus simple, plus humaine.

D’autres n’ont pas vu le vent tourner et sont encore hypnotisés par un système qui ne leur permet pas de se poser et réfléchir à leurs vies.

Réussir sa vie, c’est quoi pour vous ?

Alors aujourd’hui, je vous pose la question : réussir sa vie, c’est quoi pour vous ?

Avez-vous déjà pris le temps d’y réfléchir ?

Avez-vous l’impression d’être accompli et heureux ?

Avez-vous choisi votre vie ? Ou pensez-vous que ce sont d’autres personnes qui ont choisi pour vous ?

Ces questions, on se les pose rarement ou ne prend pas le temps de se les poser.

On passe notre temps au boulot, devant la télé, derrière un ordinateur ou rivé sur notre smartphone.

Dans un passé pas si lointain, on ne disposait pas de tous ces moyens de communication.

6 chaines télé, pas d’Internet, pas de smartphone.

On se retrouvait plus souvent face à soi-même.

A l’heure actuelle, on fait tout pour ne pas se retrouver seul.

On s’occupe pour ne pas se poser de questions.

Un exercice et un petit défi

Avez-vous essayé de rester une journée sans vous connecter à un ordinateur, une télé ou un smartphone ?

Tentez l’aventure et profitez-en pour réfléchir à la question de cet article : « réussir sa vie, c’est quoi pour vous ? ».

Prenez un cahier, n’utilisez pas d’ordinateur.

Mettez vous dans un endroit agréable et laissez vous aller.

Lâchez vous, écrivez tout ce qui vous passe par la tête.

Ensuite, écrivez ce qui vous sépare de cette vie réussie et du moyen d’y parvenir.

N’omettez aucun détail.

Gardez votre écrit précieusement avec vous et relisez le régulièrement pour vous rappeler ce vers quoi vous devez tendre…

Et si vous souhaitez partager vos pensées, n’hésitez pas à les écrire en commentaire de cet article.

Merci.

Sandrino

Cet article a été rédigé dans le cadre de l’évènement  À la croisée des blogs sur le thème Ralentir pour réussir qui est organisé ce mois-ci par Alexandre du blog Ceclair.

12 Commentairs

  1. Très bon article sur la réussite !
    On a appris à faire ce que les autres nous disent de faire, ce que l’école nous dit de faire. Maintenant il ne reste plus qu’à désapprendre tout ça, retenir que le bon et le constructif et suivre ENFIN la voie (ou la voix) qu’on a toujours voulu emprunter.

    Merci pour l’article et très bon blog !

    Andry.

  2. Je suis de la génération qui a suivi celle du guitariste… c’est pas franchement une réussite… Bilan des courses: le guitariste a dilapidé ce que les 2 générations (l’immigré puis l’aisé) précédentes ont construits. Moi je suis de la génération du sacrifice, parce que le guitariste, trop concentré sur ses envies, n’avait pas de temps à me consacrer, pas d’amour véritable à me donner et parce que je n’ai plus l’aisance de la famille d’antan (vu que le guitariste a tout utilisé sans prendre en compte la crise). Je suis juste bonne à survivre acceptant la situation telle qu’elle est. Alors les envie, oui mais avec modération. Les pieds sur terre (un boulot et une famille comme chez les immigrés italiens de l’époque), c’est encore ce qu’il y a de mieux a mon goût. Belle journée.

    • Bonjour Jacky,

      je comprends votre situation. Nous avons tous des choix à faire dans notre vie et certains de ces choix ne sont pas toujours compatibles dans une vie de famille.

      Je compose à titre personnel et je me disais récemment que je ne me verrais pas faire des tournées car je ne voudrai pas être loin de ma copine ou de mes enfants si j’en ai. C’est un choix personnel.

      Vous avez souffert de l’égoïsme « du guitariste » mais cela aurait pu se passer autrement avec quelqu’un d’autre qui aurait privilégié ses enfants à sa passion. En revanche, je pense que la vie est un équilibre et je ne me verrai pas arrêter une passion, il faut juste trouver le bon équilibre dans sa vie.

      Bonne soirée.

      Sandrino

  3. Cher Sandrino, lisant régulièrement des ouvrages de développement personnel où des articles consacrés aux relations humaines entre autres, je trouve votre vision très intéressante et originale. Beaucoup de bon sens et de simplicité. Vous présentez les choses d’un point de vue égalitaire c’est-à-dire que tout en maîtrisant votre sujet vous donnez l’impression au lecteur de s’ adresser à lui en ami clairvoyant et expérimenté. Vous ne transpirez pas le psychologue faisant part de sa science.Vous habitez vos sujets de façon très humaine . C’est ce qui fait l’originalité de votre blog qui devrait être plus connu compte tenu de sa qualité. Auriez-vous déjà songé à écrire un
    guide des relations interpersonnelles?

    • Chère Raymonde,

      merci pour ce sympathique message 🙂
      Cela me met du baume au coeur pour continuer dans cette voie !

      Concernant un guide des relations, c’est un projet qui est à l’étude mais orienté pour la vie de couple dans un premier temps.
      j’ai aussi de nombreux autres projets en tête qui sont dans ma file d’attente.
      Je suis pour l’instant en cours de création d’un premier produit numérique lié aux relations mais je ne peux pas en parler tant qu’il n’est pas terminé 😉
      il devrait être terminé en mai si tout se passe comme prévu.

      Merci encore, bonne soirée et à bientôt.

      Sandrino

  4. De manière globale, je dirais que réussir sa vie, c’est simplement d’être heureux. En ce qui me concerne, je désir fonder un jour une famille, me marier, acheter une maison, une voiture, poursuivre des études que j’aime et avoir un emploi dans lequel je suis épanouie.

    • Bonjour Lydia,

      Merci pour votre commentaire.

      J’ai néanmoins l’impression que vous assimilez le bonheur a une checklist : la maison, les enfants, la voiture, un boulot qui me plait et je suis heureuse.

      Alors que la vie est faite de cycles et de situations qui ne sont pas toutes sympathiques : on peut se marier, fonder une famille, puis divorcer, on peut avoir des problèmes à rembourser le prêt de sa maison, avoir des pépins avec sa voiture, se faire licencier, etc…

      Mon intention n’est pas de vous montrer le côté négatif possible d’une vie, mais que le « simplement être heureux » n’est pas juste lié au fait de fonder une famille et d’avoir une vie confortable.

      Je vous conseille un excellent livre qui s’appelle « être heureux, ce n’est pas nécessairement confortable« , et qui traite des idées et des attentes que l’on a du bonheur et qui peuvent justement nous nuire à être heureux.

      N’hésitez pas à le lire et me dire ce que vous en pensez 🙂

      Bonne journée !

      Sandrino

  5. J’aime beaucoup cette idée de se couper des écrans pour une journée. Je vais l’appliquer dès demain car comme vous l’avez si bien dit. Si je reporte je risque de ne jamais le faire alors que je suis sur que ça ne m’apportera que du positif… Merci pour vos idées inspirantes !

  6. « Passe ton bac et tu auras une Gibson »..C’est ce qu’a dit sa maman à Tom Keifer,le leader du groupe Cinderella,alors que celui-ci voulait arrêter ses études pour se consacrer à sa passion…Il a été jusqu’au bout, a passé son diplôme et..a eu sa Gibson!
    Artiste dans l’âme, je n’ai rien réalisé dans ce domaine, j’étais plutôt douée pour l’écriture, je l’aurais sans doute été pour la musique ( je pourrai le vérifier assez vite car je me suis payée une guitare, pas une Gibson hein, une guitare Folk toute simple,et je vais tenter d’apprendre seule, avec une méthode…)Bref, je n’ai pas réalisé mes rêves, je me suis « choisi »( je le mets entre guillemets parce que certains choix en sont-ils vraiment?) une vie pas forcément évidente, mais, piètre consolation mais consolation tout de même, je ne suis nulle part où l’on m’attendait…A défaut de vivre ma vie rêvée, je ne me suis pas forcée à prendre une voix qui ne me correspondait pas, au moins j’ai été fidèle à moi-même,c’est peut-être déjà une petite réussite en soi…non?

    • Bonjour,
      et merci pour votre témoignage.
      Oui, c’est déjà une réussite de ne pas prendre une voie qui ne vous correspond pas.
      Mais à propos votre vie rêvée, vous semblez avoir abandonné. Pourquoi ?
      Il n’est pas forcément trop tard…
      Sandrino

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