J’ai récemment reçu un mail d’une lectrice qui évoquait le stress et les difficultés rencontrées par les mères de famille.

A cause du surmenage, du stress et de la pression, elles se plaignaient d’être trop agacées ou trop colériques avec leurs enfants, leurs maris et parfois avec elles mêmes !

Cette lectrice me demandait donc des conseils pour mieux gérer la colère et le stress.

Je sais à quel point être mère de famille peut parfois être difficile.

J’avais écrit un article sur la dépression de ma mère alors que j’étais adolescent, je dédie donc cet article à toutes ces mamans qui font un boulot fantastique et qui ne sont pas considérées à leur juste valeur.

Alors voici des conseils qui pourront vous aider à mieux gérer son stress et appréhender le challenge d’être une mère de famille.

Moins de stress : vous n’avez pas besoin d’être parfaite !

La difficulté principale d’une mère de famille, c’est le cumul des fonctions et le manque de reconnaissance.

Vous essayez de tout faire bien, d’être une bonne mère, une bonne conjointe, d’avoir une activité professionnelle.

Cela vous laisse peu ou pas de temps pour prendre soin de vous et avoir des activités personnelles épanouissantes.

Les enfants, insouciants, ne se rendent généralement pas compte de la chance qu’ils ont.

Le conjoint, qui parfois, sous le prétexte de ses fonctions professionnelles et influencé par la tradition historique, laisse sa femme/partenaire s’occuper du foyer.

Vous faites de votre mieux mais vous voyez que votre quotidien ne se déroule pas comme vous souhaiteriez et vous ne vous sentez pas particulièrement soutenue.

Alors vous vous mettez trop de pression, vous vous sentez frustrée, stressée et vous vous mettez facilement en colère, même dans des situations qui pourraient être anodines.

Vous souhaitez tout faire parfaitement mais cela ne fonctionne pas.

Vous connaissez Shonda Rhimes, la créatrice de Grey’s Anatomy ? C’est une femme qui a rencontré le succès et qui est mère célibataire avec trois enfants.

Quand on lui pose la question : « comment faites-vous pour être partout à la fois ? », elle répond « je n’y arrive pas ! ».

Elle dit qu’à chaque fois qu’on la voit réussir dans un aspect de sa vie, cela signifie qu’elle échoue dans un autre aspect (extrait du discours de Shonda Rhimes).

Comme Shonda, vous ne pouvez pas tout faire parfaitement dans votre vie.

Vous ne pouvez pas être partout à la fois

Arrêtez de vous mettre de la pression car la manière dont se déroulent les choses ne dépend pas que de vous.

Vous pouvez essayer d’être une super maman mais ne vous mettez pas en colère si tout ne se passe pas comme vous souhaiteriez.

Vous n’avez pas à être parfaite et vous devez aussi penser à vous (pas comme dans le film « papa ou maman » , n’exagérons pas… 😉 ).

Pour les mamans qui cumulent vie professionnelle et vie de famille, la situation est généralement plus difficile.

Je dis « généralement » car si vous avez des enfants en bas âge et que vous êtes seule à vous en occuper à la maison, la vie de bureau peut parfois vous paraître plus facile !

C’est du moins le ressenti d’un collègue qui est revenu de congé paternité après que sa femme eût accouché de jumeaux… Il disait qu’être au bureau était plus reposant qu’être à la maison 😉

Bref, dans tous les autres cas, lorsque vous travaillez, votre vie ressemble à un enchaînement de tâches : Vous vous occupez des enfants le matin, vous partez bosser, vous revenez vous occuper des enfants le soir.

Vous vous couchez, vannée, et les jours qui suivent se ressemblent. Dans ce type de situation, le moindre problème peut vous mettre en colère car vous êtes fatiguée et en permanence en activité ou sous pression.

Vous devez identifier ce que vous pourriez changer pour vous alléger la tâche.

Exemples :

  • travailler et prendre une nounou si votre activité de mère est trop difficile à la maison
  • arrêter de travailler si votre boulot est trop stressant ou demander un 4/5
  • Impliquer votre conjoint/mari dans la vie de famille s’il ne l’est pas
  • Demander de l’aide à vos enfants (selon leur âge bien sûr)
  • Demander de l’aide à votre famille

Bien entendu, je sais que ces exemples ne sont pas tous réalisables ou faciles à mettre en place dans votre vie.

Je vais donc détailler certains points dans les chapitres suivants, notamment ceux en relation avec vos enfants ou votre conjoint.

Ne pas stresser sur des situations anecdotiques

Quand on est la tête dans le guidon, on n’a plus le temps de réfléchir et on se met de la pression ou du stress inutilement.

Voici un exemple.

La semaine dernière, je vais au pressing un samedi matin. Et je vois une maman avec son enfant de 5 ans, dépitée et stressée, qui appelle son conjoint.

Elle était venue au pressing sans le ticket que son conjoint avait visiblement perdu. Elle lui parlait au téléphone et disait que le responsable du pressing ne pouvait pas retrouver ses vêtements sans numéro de ticket, qu’il était seul au guichet et qu’il y avait la queue.

On lui avait demandé d’attendre 11 heures car un autre personnel arriverait et pourrait l’aider. Il était 10h15. Elle se plaignait donc au téléphone toute stressée.

Elle rentre dans le pressing et met de la pression à la personne au guichet. Elle demande si elle peut chercher elle même les vêtements dans le pressing.

Le responsable refuse car il y a des dizaines de milliers de vêtements dans ce pressing. La conversation s’envenime. Le guichetier s’énerve et il lui demande d’arrêter de lui mettre la pression et de sortir. La mère de famille part énervée et stressée.

Je parle au responsable du pressing qui explique que lorsqu’il a demandé « gentiment » à la mère de famille d’attendre un peu, elle lui a répondu « mon mari m’attend ».

Il y avait une file de 10 personnes qui attendaient et il ne pouvait pas s’occuper d’elle dans ces conditions.

Pourquoi est-ce que je vous raconte cette histoire ?

Tout d’abord, car j’ai vu une femme stressée qui habite dans le quartier et qui aurait très bien pu venir plus tard dans la journée chercher les vêtements, attendre que son mari trouve le ticket perdu, ou demander à son mari de repasser au pressing à sa place un peu plus tard.

On pourrait penser qu’elle était stressée car elle avait besoin urgemment de ces vêtements pour un mariage l’après-midi ou car elle devait partir en vacances le jour même mais ce n’était visiblement pas la raison car elle ne l’a pas évoquée.

En fait, cette femme s’est mise de la pression toute seule sur une situation anecdotique car cela changeait son planning de la journée.

Elle est probablement habituée à courir toute la semaine et lorsqu’arrive le week-end, tout doit se passer comme prévu sans quoi elle s’affole.

Je peux tout à fait comprendre ce qu’elle ressentait mais je voyais bien qu’elle créait elle-même son stress et sa tension. De plus, elle a communiqué son stress au responsable du pressing, à son conjoint et à son enfant.

Oui, il y a des situations stressantes et urgentes à gérer. Mais vous devez prendre du recul dans votre quotidien pour discerner ce qui est important de ce qui ne l’est pas.

Quand vous êtes dans une situation comme celle-là, posez-vous des questions : quel est l’impact de la situation ? Est-ce un si gros problème que cela ? Comment puis-je faire autrement ? Y a -t- il de quoi stresser ?

Ne vous mettez pas de pression quand cela n’en vaut pas la peine. Quand vous commencez à stresser, sortez la tête du guidon et posez-vous les bonnes questions.

Responsabilisez vos enfants/adolescents

Si vous avez des adolescents, vous avez tendance à tout faire pour eux et à stresser quand ils ne font pas ce que vous dites. Vous avez donc du boulot et du stress.

Mais peut être que vous vous mettez trop de pression et que vous devriez voir la vie avec eux de manière différente.

Commençons par leur chambre. Si la chambre de votre ado n’est pas rangée, c’est son problème.

Si vous êtes une maniaque du rangement, faites vous violence et laissez-le gérer son espace.

Voyez le bon côté des choses : cela signifie que vous ne vous en occuperez plus, ce qui vous fera gagner du temps et diminuera votre stress en vous libérant de cet espace.

De la même manière, je vous conseille de les impliquer dans les tâches de la maison, et ce, le plus tôt possible.

Au minimum, ils doivent s’occuper de leur chambre et idéalement faire leur lessive, ce qui vous permettra de ne plus avoir à gérer les reproches comme « tu as foutu en l’air mon nouveau t-shirt ».

Je n’ai pas d’enfants mais je l’ai été et c’est exactement les reproches que je faisais à ma mère, au lieu de lui être reconnaissant pour tout ce qu’elle faisait pour moi.

Les adolescents ne sont plus des enfants, ils sont en capacité de faire eux-mêmes leur machine et de repasser leurs affaires si vous leur expliquez les raisons.

Les raisons pourraient être de mieux gérer leur planning de lessive et repassage pour avoir leurs fringues de dispos pour quand ils en auront besoin.

Vous éviterez ainsi des reproches comme « maman, tu n’as pas lavé ma robe et j’en avais besoin pour ce soir !!! ».

Cela permet de vous alléger et qu’ils participent à la vie de la maison et s’occupent de leurs affaires.

L’adolescence, c’est la période la plus batarde car l’ado essaie de se démarquer de son enfance. Le responsabiliser permet de l’aider dans sa démarche et de faire d’une pierre deux coups.

Vous allez probablement rechigner ou culpabiliser à cette idée. Vous allez penser que vous n’êtes pas une bonne mère si vous lui demandez de faire son linge, son repassage, etc… Vous vous trompez.

Une bonne mère, ce n’est pas une mère qui fait tout.

Dites-leur que vous les aimez, montrez-leur que vous leur faites confiance, éduquez-les pour qu’ils fassent preuve d’empathie et soient respectueux des autres, et ce sera déjà une victoire pour vous.

Attention : on ne peut pas procéder à des changements sans une communication adaptée.

Ne leur dites pas : « j’en ai marre de tout faire dans cette maison. A partir d’aujourd’hui, vous vous occuperez de vos affaires ».

Il y a le fond et la forme de la communication.

Si vos enfants n’ont jamais rien fait chez vous et que vous souhaitez qu’ils changent, ou même dans toute communication que vous aurez avec eux, vous devez faire passer le bon message.

Bien entendu, plus vous vous y prendrez tard, plus ce sera difficile car les mauvais comportements seront enracinés en eux. Mais il n’est jamais trop tard.

Savoir communiquer et faire changer les comportements

Dans une communication, il y a le fond et la forme. Le fond, c’est votre message. La forme, c’est votre façon de communiquer ce message.

Dans l’exemple précédent, vos enfants vont retenir un reproche et non pas le fond de votre message qui est que vous faites tout à la maison et que vous avez besoin d’aide.

Donc, lorsque vous communiquez avec vos enfants, mais aussi avec votre conjoint, vous devez parler calmement, de manière sincère et non pas sous forme de reproche, et expliquer les raisons pour lesquelles vous demandez à vos enfants ce changement.

Expliquez-leur par exemple que vous avez besoin qu’ils vous aident car vous ne vous en sortez pas, qu’ils sont maintenant en âge de s’occuper de leurs affaires et que cela leur permettra aussi de se sentir plus responsable.

Montrez-leur le bon côté des choses, pas sous la forme de la menace, ni sous la forme de la supplication, mais sous une forme de sincérité, d’une mère à un enfant qu’elle aime et qui aimerait que son enfant comprenne la situation.

On utilise parfois des stratégies de récompense et punitions pour influencer le comportement de nos enfants.

Ce n’est pas une bonne stratégie.

De nombreuses études démontrent que les récompenses et punitions fonctionnent à court terme mais ne sont pas assimilées à long terme.

Le psychologue Laurent Begue l’évoque dans son livre « Psychologie du bien et du mal ».

L’apprentissage de valeurs et d’un « bon » comportement ne doit pas être imposé sous la menace mais par le biais de la responsabilisation et de la participation à la vie familiale.

Pour vous aider à mieux comprendre, vous trouverez ci-dessous la vidéo d’une conférence de Marshall Rosenberg, le créateur de la Communication Non Violente (CNV) et qui s’intitule « Eduquer sans récompense ni punition » :

La responsabilisation passe bien entendu par une explication simple et sincère de ce que vous demandez à vos enfants.

Moins vous les traiterez comme des enfants, plus vous obtiendrez des résultats.

En lien avec ce sujet, il faut aussi assimiler le fait que vos enfants sont des éponges. Votre comportement influence leur manière d’être.

Si vous parlez mal à votre conjoint ou que votre conjoint vous parle mal, ils seront influencés et suivront le même schéma, peut être même jusque dans leur vie d’adulte.

Donc, autant vous n’avez pas à être une maman parfaite, autant il y a des choses auxquelles vous devriez être très attentive, notamment sur votre comportement.

Il y a un autre élément important, c’est la cohérence.

Par exemple, vous ne pouvez pas demander à votre enfant de ne pas dire de gros mots si vous en dites. Vous devez être cohérente.

Et le fait que vous soyez adulte et lui un enfant ne justifie pas cette incohérence de comportement.

Les précédents conseils vont vous permettre d’assainir votre rapport avec vos enfants afin de vous sentir moins stressée et probablement d’avoir plus de reconnaissance de leur part.

Le succès de cette démarche est lié à leur responsabilisation, votre mode de communication et votre cohérence.

Nous avons traité l’aspect relations avec les enfants, abordons maintenant vos relations avec votre conjoint.

Impliquer votre conjoint dans la vie de famille

La réussite de vos rapports avec vos enfants est étroitement liée au comportement et implication de votre conjoint dans votre vie de couple et vie de famille.

Tout d’abord, l’aspect communication évoqué dans le paragraphe précédent vaut tout autant pour vos enfants que pour votre mari.

De la même manière que précédemment avec vos enfants, vous devriez aborder les sujets qui posent problème dans votre couple.

Peut être que votre conjoint est très impliqué dans son travail, peut-être qu’il ne vous traite pas avec respect devant vos enfants, peut être qu’il ne vous aide pas assez.

Quoi qu’il en soit, vous devez aborder ces aspects en lui expliquant sincèrement que la situation doit évoluer.

Vous pouvez lui proposer des solutions mais vous devez surtout lui demander son avis sur la situation et lui demander ce qu’il propose. Cela permet de l’impliquer plutôt que de lui imposer certaines choses.

Exemple : si vous ne vous en sortez pas à tout cumuler et qu’il n’est pas assez impliqué car passe trop de temps au boulot, ne lui faites pas le reproche mais expliquez lui la situation et demandez lui ce qu’il propose pour améliorer cette situation ?

La solution pourrait être qu’il passe plus de temps à la maison, de prendre quelqu’un pour vous aider, de vous mettre en 4/5, etc…

Mais laissez-le vous proposer des solutions avant d’en proposer, surtout s’il passe beaucoup de temps au bureau ou s’il s’implique peu de manière générale.

Si vous êtes en couple, vous ne devez pas assumer cette charge seule.

Conclusion

Nous l’avons vu, il y a plusieurs aspects à prendre en considération pour mieux gérer votre vie de famille.

Le premier, c’est vous même. Ne vous mettez pas trop de pression. Ne cherchez pas à tout faire et surtout n’essayez pas de tout contrôler à la maison.

Objectif : lâcher prise et relativiser.

Le second, ce sont vos rapports avec vos enfants. Impliquez-les, responsabilisez-les, traites-les comme des (presque) adultes et soyez moins exigeants sur certains aspects qui sont moins importants que vous ne le pensez, notamment leur chambre.

Objectif : vous libérer du temps, diminuer les conflits.

Le troisième, ce sont vos rapports avec votre conjoint/mari. Une vie de famille se fait à deux. Si vous avez des difficultés et avez besoin d’aide, demandez-lui son support et des solutions. Si vous avez besoin d’être rassuré, d’un peu de reconnaissance, dites-lui que vous en manquez.

Objectif : trouver des solutions, diminuer les conflits.

En support de ces trois aspects, il y a bien sûr la communication.

Tout cela va vous permettre de vous sentir moins stressée. Vous devez axer votre travail sur ces 3 axes car ils forment un tout.

Vous pourriez également être intéressée par l’article : Gérer les disputes et arrêter de se faire la gueule.

Vous êtes une maman, ou même un papa, et souhaitez donner des conseils issus de votre expérience ? N’hésitez pas à laisser un petit commentaire ci-dessous afin d’aider les autres parents.

Merci !

Sandrino

2 Commentairs

  1. Bonjour Sandrino,

    En effet, il est important de lâcher prise par rapport au fantasme du parent parfait et il est également important de prendre du temps pour soi et déléguer. Car l’enfant est heureux quand son parent l’est aussi.

    Bonne journée

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