Syndrome de l’imposteur : comment s’en libérer ?

Avez-vous déjà eu l’impression de ne pas mériter le statut ou le poste que vous avez ? Pensez-vous que vous n’avez rien de plus que les autres et que votre réussite n’est pas méritée ?

Comme si vous n’étiez pas légitime et qu’on allait un jour découvrir que vous étiez un imposteur ?

Si c’est le cas, vous pourriez souffrir de ce que l’on appelle : le syndrome de l’imposteur !

Qu’est-ce que le syndrome de l’imposteur ?

Le syndrome de l’imposteur est un schéma de pensée qui nous amène à douter de nos réalisations et de notre valeur. Nous ressentons alors une peur persistante : celle d’être découvert comme un « fraudeur » ou « imposteur ».

Ce sentiment peut être ressenti par des femmes et hommes de tout âge.

Mais le plus surprenant, c’est que des personnes douées, intelligentes et connaissant de nombreuses réussites peuvent ressentir ce sentiment d’imposture.

Je l’ai retrouvé à plusieurs reprises dans mes accompagnements en coaching. Par exemple un homme qui avait un poste important dans une ambassade et qui parlait 7 langues ! Ou bien une femme qui était doctorante en informatique et qui réussissait tout ce qu’elle entreprenait.

De l’extérieur, on voyait des personnes avec de bons postes et qui faisaient preuve de réussite.

Mais caché au plus profond d’elles, il y avait un sentiment d’illégitimité. Des doutes et un sentiment d’imposture qui les faisaient souffrir de manière régulière.

Quelles sont les conséquences du syndrome de l’imposteur ?

Tout d’abord, il existe plusieurs degrés de sentiment d’imposture. C’est à dire que le ressenti et les conséquences seront plus ou moins importantes selon chacun.

Je décrirai les conséquences du sentiment d’imposture ci-dessous mais il est normal que vous n’ayez pas tous ces symptômes à la fois.

Lorsque l’on souffre d’un syndrome de l’imposteur, nous ressentons une peur que l’on découvre notre imposture. On se sent moins compétents que les autres. On pense que les autres nous surestiment et que l’on ne mérite pas ce que nous avons, et notamment dans le domaine professionnel.

On doute de soi, on a peur de faire des erreurs. On est sensible au regard des autres et cela fait sens puisque l’on redoute qu’ils découvrent notre imposture.

On a également tendance à sous-estimer nos réussites et à amplifier nos échecs. Le souci, c’est que nous sommes tous amenés à « échouer » lorsque l’on entreprend quelque chose.

Comme nous avons peur du regard des autres, et notamment de leurs critiques, on a parfois tendance à être perfectionniste.

C’est un comportement qui nous permet de faire peu d’erreurs et de nous protéger des critiques.

Le souci, c’est que le perfectionnisme a un impact sur notre travail. Si nous avons une forte charge de travail, nous pourrions nous voir reprocher notre « lenteur » à rendre certains dossiers au regard de nos collègues.

L’autre conséquence importante est la charge mentale. Nous ressentons de l’anxiété à en faire « plus » et « trop ». Et la peur sous-jacente à notre syndrome amplifie cette anxiété.

Chez certaines personnes, le syndrome de l’imposteur provoque une tendance à éviter de se mettre en danger. C’est à dire qu’elles feront le maximum pour ne pas être exposées. Elles resteront dans leur zone de confort.

Elles feront ce qui est demandé d’elles sans en faire trop afin de ne pas se faire remarquer. Elles éviteront des postes important. Si elles ont une opportunité professionnelle, elles auront donc tendance à la refuser.

Chez d’autres personnes, le phénomène sera inverse : elles chercheront à entreprendre de nombreuses choses (notamment en terme de diplômes, postes ou statuts) afin de se prouver qu’elles sont légitimes.

Le souci, c’est que c’est une quête sans fin. Car même avec des diplômes et la réussite, le syndrome restera présent.

Quelles sont les causes du syndrome de l’imposteur ?

Les causes du syndrome de l’imposteur varient d’une personne à une autre. Elles sont néanmoins liées à une basse confiance en soi et/ou estime de soi.

Une personne qui connaît un syndrome de l’imposteur entretient des croyances limitantes sur elle-même telles que : « je ne suis pas capable de… », « je ne mérite pas de… », « je ne suis pas à la hauteur », « je suis moins bien que les autres ».

Ces croyances sont parfois inconscientes et c’est lors des séances de coaching qu’elles se révèlent.

Car d’une part, certaines personnes n’ont pas connaissance de leur syndrome de l’imposteur. D’autre part, elles pensent parfois « juste » manquer de confiance alors que la cause est bien plus profonde et ancienne qu’elles ne le pensent.

Voici deux exemples de causes d’un syndrome d’imposteur que je ne détaillerai pas pour des raisons de confidentialité :

  • Un homme qui s’est senti rejeté car ses parents voulaient une fille (et lui en ont fait part à plusieurs reprises). Il a passé sa vie à entreprendre de grandes choses afin d’essayer de prouver à ses parents qu’il était à la hauteur.
  • Une femme dont le père poussait à l’excellence. Rien n’était jamais assez « bien » en terme de résultat. Il fallait toujours faire plus et avoir de meilleures notes. Adulte, c’était une femme brillante mais elle avait l’impression de « ne pas être assez » et de « ne pas être à la hauteur ».

Dans des deux cas, les doutes sont liés à notre histoire familiale (c’est souvent voire systématiquement le cas).

Nous avons envie d’être aimés, appréciés et reconnus par nos parents. Nous développerons donc des comportements visant à ce qu’ils soient fiers de nous et qu’ils nous félicitent.

Nous cherchons leurs compliments mais tout au fond de nous, nous recherchons surtout leur Amour et la fierté d’avoir un enfant comme nous.

Dans d’autres cas, nous ne chercherons pas à exceller mais nous aurons néanmoins développé les croyances limitantes (évoquées dans les conséquences précédentes) et une basse estime de nous.

Dans tous les cas, des croyances limitantes seront présentes en nous et ce sont elles qui provoqueront ce sentiment d’imposture.

Et comme vous avez pu le remarquer, la problématique est parfois, voire souvent, liée à l’estime de soi (c’est à dire à l’image que nous avons de nous-même) et non pas uniquement une problématique de confiance en soi (c’est à dire la confiance que nous avons en nos capacités).

Bien entendu, chaque histoire est unique et il peut exister plusieurs causes à ce syndrome, et certaines pourraient sortir du cadre familial (une blessure d’humiliation à l’adolescence par exemple).

Comment se libérer du syndrome de l’imposteur ?

Etant donné que le syndrome de l’imposteur peut avoir plusieurs causes qui divergent selon les individus, il n’y a pas une solution unique pour surmonter et se libérer de ce syndrome.

On sait néanmoins que la problématique est liée à confiance en soi et estime de soi. Tout ce qui peut venir renforcer ces deux éléments sera donc utile pour traiter ce sentiment d’imposture.

Dans le cadre de mes accompagnements, je commence par évaluer le type de syndrome de l’imposteur, son importance et ses conséquences.

Puis à travers un processus de questionnement, nous allons chercher la ou les causes du syndrome et nous identifions les croyances limitantes générées par ces causes.

Le plan d’actions découle de toute cette analyse. On voit donc que les actions doivent être adaptées spécifiquement au contexte et à l’histoire de la personne qui ressent ce syndrome.

Voici néanmoins une liste non exhaustive d’actions possibles pour diminuer et/ou traiter ce sentiment d’imposture :

  • Identifier et prendre conscience des causes du syndrome
  • Comprendre le fonctionnement de ce syndrome
  • Identifier les blessures et les traiter
  • Identifier et traiter les croyances limitantes liées à l’estime et confiance en soi
  • Arrêter de nous comparer aux autres (ou apprendre à nous comparer différemment)
  • Identifier, comprendre et nous libérer de nos biais cognitifs
  • Tenir un journal de nos réussites et accomplissements
  • Se fixer des objectifs atteignables
  • Etc.

Vous le voyez, il y a de nombreuses actions possibles et l’objectif sera de traiter les actions les plus importantes et impactantes en priorité, et ces actions dépendent des causes.

Il est également important de prendre conscience que, même si nous arrivons à diminuer notre sentiment d’imposture et nous sentir « plus légitime », nous aurons toujours des doutes sur nous-même et nous serons toujours plus ou moins sensible au regard des autres.

Ce n’est pas propre aux personnes qui ont un sentiment d’imposture. C’est propre à l’être humain. C’est le fait de douter qui nous permet de nous remettre en question et de nous améliorer.

Il faut simplement que ces doutes soient mesurés et équilibrés.

Nous aurons alors un niveau de sensibilité au regard des autres beaucoup plus acceptable et gérable. Je ne dirai pas un niveau « normal » car la normalité n’existe pas.

Nous aurons alors une image de nous et une confiance en nous beaucoup plus positive.

Nous ne nous sentirons donc plus en « danger » ou dans l’insécurité comme si quelqu’un allait découvrir notre imposture.

A propos de l'auteur

Sandrino Mancinelli est coach certifié, spécialiste du développement personnel et des relations amoureuses depuis plus de 10 ans.

Il est l'auteur du livre "Rupture amoureuse - le début d'une nouvelle vie" ainsi que des coffrets de cartes : "la petite boite pour attirer l'amour à soi" et "la petite boite pour les mamans fantastiques". 

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