Enfant, j’étais de nature timide et réservée.

Mes parents m’avaient éduqué autour de valeurs simples telles que la gentillesse, la politesse et la serviabilité.

Une des raisons de cette éducation était que mon père n’aimait pas se faire remarquer en public.

Cette sobriété et réserve en public ne permettait pas à l’enfant que j’étais de s’imposer.

j’ai donc passé mon enfance et adolescence à ne pas me faire remarquer et à ne pas savoir dire non, à faire plaisir aux autres, à ressentir de la culpabilité et à avoir peur de décevoir.

Il m’aura fallu 30 ans pour apprendre à dire non…  et à refuser de faire quelque chose que je ne voulais pas faire. 

Quand on ne sait pas dire non

On évoque souvent la question de connaître la part de l’inné et de l’acquis dans la constitution de notre personnalité. Le savoir ne m’aurait pas aidé à changer ma personnalité.

Ce que j’ai compris, c’est que ne pas savoir dire non nous rend malheureux et renforce notre manque de confiance en soi. Les raisons sont simples  :

  • le manque de confiance en soi
  • l’incapacité à s’affirmer
  • la culpabilité ressentie
  • la peur de décevoir
  • la peur d’être rejeté
  • le besoin d’être aimé et apprécié

Quand on ne sait pas dire non, on fait systématiquement passer l’autre avant nous et on ne s’affirme pas.

Cela pourrait passer comme une attitude fort louable mais il n’en est rien.

Dans un monde parfait, ne pas savoir dire non ne constituerait pas un problème en soi.

Nous rendrions en permanence des services aux autres qui en feraient de même. Un monde sans calcul, ou rendre service serait un plaisir partagé.

On arrête de rêver et on regarde la situation en face : un grand nombre de personnes abusent de notre gentillesse, de notre incapacité à dire non.

Le plus gênant, c’est que ce sont souvent des personnes proches : notre famille, nos amis, notre partenaire.

Ce que veulent les autres

Posez-vous une simple question : faites-vous un métier qui vous passionne ou est-ce le métier que vos parents ont choisi pour vous ?

Est-ce que le sport ou l’instrument de musique que vous pratiquiez pendant votre enfance ou adolescence était votre choix ou celui de vos parents ?

Je ne fais pas de procès aux parents. Ils veuillent le meilleur pour leurs enfants et choisissent ce qui leur semble le plus approprié pour le développement et la réussite de leur progéniture.

Mais tout cela contribue à ne pas nous laisser choisir ce qui nous plait vraiment, à ne pas prendre de décisions personnelles et à laisser les autres choisir pour nous.

Cela contribue à un manque de confiance en nous pour une bonne partie de notre vie.

Passé l’enfance et l’adolescence, on garde cette habitude de se laisser guider par ce que veulent les autres.

Mais les objectifs et envies des autres ne sont pas forcément en accord avec les vôtres. Parfois, ils sont même à l’opposé de ce que vous souhaiteriez.

Et vous vous retrouverez un jour avec un boulot que vous n’aimez pas, dans une ville que vous n’aimez pas et avec un partenaire que vous n’aimez plus…

Non, vous n’avez pas à subir le choix des autres.

Comment savoir s’il faut dire non ?

Vous ne pouvez pas faire plaisir à tout le monde et quoi que vous fassiez, vous décevrez quelqu’un.

Vous devez faire vos choix en fonction de ce que vous souhaitez tout en sachant faire des concessions.

Vous devez agir par plaisir et seulement si vous le souhaitez vraiment.

Ne le faites pas à contre cœur, par culpabilité ou à cause d’une pression extérieure.

Demandez-vous si cela est un plaisir ou une contrainte.

Si vous faites passer systématiquement les autres avant vous, que ce soit votre partenaire, un ami ou un membre de votre famille,  le rapport sera déséquilibré.

Vous vous perdrez et vous n’existerez plus.

Vous devez vous écouter et penser à vous.

De par mon éducation et mes valeurs, j’ai gardé le sens de la bienveillance envers les autres. J’aime rendre service et faire plaisir.

Mais je sais également décliner une demande et ne pas faire quelque chose lorsque je n’en ai pas envie.

En ce qui me concerne, je propose d’aider quelqu’un de mon propre chef ou je dis oui plus facilement à une demande si :

  • c’est pour une personne que j’aime
  • c’est pour une personne que j’estime et qui partage mes valeurs
  • je sens que cette personne ne profite pas de moi
  • cette personne m’a déjà proposé de m’aider (d’autant plus si je ne lui ai rien demandé)

Que ce soit en terme d’amour, amitié ou tout autre type de relation, une bonne relation est une relation équilibrée.

Savoir dire non, c’est dire oui à son choix et sa liberté personnelle.

Comment savoir dire non

Lorsque l’on n’y est pas habitué, dire non semble quelque chose de difficile, voire impossible.

Alors que ce n’est pas bien compliqué, il faut juste prendre l’habitude de ne pas accepter tout ce que l’on vous demande.

Si c’est une contrainte et que cela ne vous fait pas plaisir, pourquoi accepter ?

On ne va pas cesser de vous aimer parce que vous refusez quelque chose à quelqu’un ou parce que votre choix diffère du sien.

Si on vous fait peser un sentiment de culpabilité si vous refusez quelque chose, alors vous pourriez également reconsidérer le lien qui vous lie à cette personne.

Si vous appliquez les mêmes règles d’acceptation que j’ai précédemment énoncées, vous pourrez facilement faire le tri entre les demandes que vous pouvez accepter et celles que vous pouvez refuser.

Utiliser des règles d’acceptation pour savoir dire non vous permet de vous libérer de la culpabilité, et de la peur de dire non.

Car dire non la première fois peut être difficile mais aussi être un acte libérateur.

Vous ne perdez rien à le faire. Vous vous surprendrez même à apprécier cette démarche si elle vous libère de contraintes que vous ne supportez pas ou qui vous mettent mal à l’aise.

Commencez par refuser une première demande. Voyez ce que vous ressentez. Et analysez si vous pensez avoir eu raison de le faire ou pas. Ne tenez pas compte de la culpabilité mais pensez à vos règles d’acceptation.

Si vous pensez avoir raison, continuez pour vos futurs choix afin d’atteindre au fur et à mesure cet équilibre où on fait plaisir aux autres tout en préservant nos choix personnels.

Une dernière chose : ne vous justifiez pas quand vous refusez quelque chose. Si vous vous justifiez, c’est que vous cachez votre refus derrière une excuse.

On apprécie généralement les personnes qui sont franches avec nous, même si elles nous refusent quelque chose. En revanche, on n’aime pas les personnes qui trouvent de fausses excuses.

Alors la prochaine que quelqu’un vous demandera quelque chose que vous n’avez pas envie de faire, dites-lui tout simplement : Non…

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8 Commentairs

  1. J adore. J ai realisé cela a mon divorce. Ma vie a tellement change, en mieux, par la suite.
    C est super de relire ces importants principes, tellement bien expliqués. Merci bcp !!
    Je relirai, encore et encore !!

  2. Bonjour
    Merci pour ce petit article clair et bien écrit.
    Pas facile de dire non surtout en couple!!!!!! se forcer pour ne pas blesser n’est pas bon et montre avec le temps qu’on se ment à sois-même.

    • Bonjour,
      c’est difficile à court terme mais cela vous rendra plus heureux à long terme.
      De plus, on progresse rapidement à savoir dire non, un peu comme on progresse dans une discipline sportive, à force de répéter les exercices.
      SAndrino

  3. C’est exactement ce que je fais,maintenant. Et effectivement, ça me libère. Combien de fois je ne me suis pas respectée par peur du jugement et de l’abandon. Je vois bien que les gens qui m’apprécient, même si parfois, elles sont déçu, c’est personnes sont toujours là. Et les autres… ne sont plus là. C’est le tri naturel autour de soi.
    Merci Sandrino pour ce partage
    Véronique

    • Bonjour Véronique,
      merci pour votre commentaire. J’ai effectivement oublié de parler de cette sélection naturelle : ceux qui nous apprécient comme nous sommes restent nos amis, et ceux qui nous utilisaient s’éloignent. Nous avons tout à y gagner sur le long terme.
      Sandrino

  4. Merci Sandrino pour cet article, je suis en plein période de divorce et je suis entrain de me chercher. Votre article a allumé certaine lumière de mon cerveau .

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